07/04/2020 – Terre Sainte

Réflexions autour du covid

Colère créatrice ou colère destructrice ?

Etes-vous en colère ? Un peu ? Beaucoup ? A la folie ?
Passionnément ? Pas du tout ?

Est-ce votre compagne de chaque jour ?
Ou, au contraire, est-ce une émotion que vous avez du mal à ressentir ? 

Je me souviens d’une conversation avec une amie, il y a quelques années, où elle me confiait qu’il lui était difficile de ressentir de la colère. A l’époque, cet échange m’avait fortement marquée.
Ne pas ressentir de la colère, comment était-ce possible ? 
Moi, qui depuis mon plus jeune âge, n’éprouve aucune difficulté à monter dans les tours et à exprimer ma colère et mon mécontentement.

Et pourtant, de manière assez étonnante, ce n’est pas vraiment la colère qui occupe le devant de la scène, pour moi, aujourd’hui. Elle me traverse quand je vois mon voisin faire plusieurs allers-retours sur la journée alors que nous sommes en confinement strict à La Réunion.
Ou quand j’apprends que des personnes partent en randonnée sous prétexte que ce sont des lieux reculés, avec peu de contacts humains.

Ce qui me met en colère, ce sont ces comportements qui manquent cruellement de civisme et de conscience, qui privilégient le bien-être individuel au détriment de la collectivité (voir mon article à ce sujet : « Collectif et individuel : redistribution des cartes ») et qui mettent les autres en danger tout en risquant d’allonger la durée du confinement.

Et, pour vous, comment la colère se manifeste-elle dans cette crise ?
Sur quoi porte-t-elle ? Sur les comportements inciviques ?
Sur les habitudes de vos proches qui sont si difficiles à supporter dans cette grande promiscuité ?
Sur nos dirigeants qui prennent des décisions qui nous semblent aberrantes ?
Sur vos plans qui tombent à l’eau un à un ?
Vous autorisez-vous à ressentir de la colère ? Comment l’exprimez-vous ?

La semaine dernière, j’écoutais une vidéo qui parlait des cinq étapes du deuil et du lien avec la crise du Covid. Elle a fortement résonné chez moi car ce que nous traversons actuellement est, en effet,
un processus de deuil. Sans cesse réactivé !

Le deuil de ce que nous avions planifié, le deuil de nos envies actuelles et futures, très probablement le deuil d’un système économique mondial même si nous ne savons pas encore ce qui viendra à la place, le deuil des personnes qui quitteront cette planète dans les jours, les semaines et les mois à venir.

Concernant le deuil, la colère est une des premières étapes du processus, après le choc et le déni.
En cette période chahutée, il y a de fortes chances que nous y passions,
que nous la dépassions et que nous y revenions.

Le tout est d’accueillir cette colère, de l’exprimer de manière canalisée en évitant de la déverser sur les autres et de la laisser passer tout en ayant conscience qu’elle viendra encore nous rendre visite.
Et si nous sommes prêts à pousser notre intériorisation un cran plus loin, nous pouvons réfléchir à comment transformer cette colère en un processus constructif : une colère tournée vers la création plutôt que la destruction. Un processus créatif qui puise ses racines dans une colère saine et assumée.

Je vous partage ici un court texte – que j’ai trouvé sur la carte d’un oracle – qui m’a beaucoup inspirée et qui, selon moi, apporte des pistes de réponse :
« Je respecte ma colère parce qu’elle exprime ma passion pour la vie, fixe mes limites et constitue une force protectrice à l’intérieur de moi-même. Quand j’utilise ma colère avec sagesse, elle devient pour moi une alliée … J’utilise ma colère comme une flamme curative pour brûler ce qui ne me sert plus, et non comme un feu destructeur susceptible de blesser les autres ou moi-même. »

Et vous, parvenez-vous à accueillir votre colère ?
A la transformer en un processus créatif et constructif ?

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